Le dauphin d’Hector, un néo-zélandais de souche

Lorsque l’on est en Nouvelle-Zélande, difficile de ne pas remarquer l’extrême richesse de cette île géologiquement cabossée. Et d’un point de vue de la faune, nous vient en tête directement les populations exceptionnelles des océans où orques, baleines, phoques, pingouins, requins s’y côtoient. Mais attardons nous sur les dauphins, et plus particulièrement sur le dauphin d’Hector, un mammifère marin bien singulier.

Présentation du dauphin d’Hector, le dauphin « du bout du monde »

Dauphin d'Hector / Kaikoura

Dauphins d’Hector vus au large de Kaikoura

Le dauphin d’Hector est une espèce endémique de Nouvelle-Zélande. A ce titre, son seul lieu de vie sur la planète se situe le long des cotes néo-zélandaises et notamment celles de l’île du sud. Ses couleurs grises, noires et blanches tranchent avec celles des dauphins plus répandus et permettent de l’identifier. Mais sa particularité reste sa taille, avec ses 1m50 en moyenne (pour 50/60 kg), il est le plus petit dauphin du monde. C’est un mammifère marin qui vit en petits groupes de 5 individus, et qui se nourrit essentiellement de poissons et de seiches.

Peu farouche, il n’est pas rare qu’il suive les bateaux ou nageurs, ce qui en fait une attraction à part entière dans certaines villes comme Akaroa. De nombreuses excursions en bateaux ou en kayak permettent de se rapprocher au plus près de leur groupe, voire même d’aller à leur rencontre en nageant. Une de ses sous-espèces – le dauphin Maui – est, lui, bien plus difficile à croiser car il ne reste qu’entre 55 et 79 cétacés vivants, ce qui en fait le dauphin le plus menacé au monde. Si le dauphin d’Hector n’en est pas encore là, le problème de sa protection se pose et doit être réglé dès aujourd’hui.

Comment le protéger ?

Longtemps accusé d’inertie concernant les mesures à prendre, Wellington a fini par créer le plus grand sanctuaire marin au monde. Mais avant cela, et encore pour de nombreuses années, le dauphin verra son existence menacée. Sa population est passée de 40 000 à 7400 dauphins en 40 ans (Selon WWF) et cela n’est toujours pas stabilisé. L’une des principales causes – même si ce n’est pas la seule – est la pêche accidentelle. En effet, les filets maillant piègent chaque année de nombreux dauphins qui, ne pouvant remonter à la surface pour respirer, finissent asphyxiés. D’autres problèmes comme l’exploitation minière sous marine, les études sismiques et la pollution font décroitre la population à un rythme inquiétant.

Comment agir à son échelle ?

L’une des premières actions est de ne pas jeter ses déchets au sol, où que ce soit. La Nouvelle-Zélande est parcourue par de très nombreux courants atmosphériques qui ramènent les déchets à la mer et deviennent des menaces pour les dauphins etautres mammifères marins.

Ensuite, consommer de manières plus responsable peut préserver le biotope marin et inciter les pêcheurs à se diriger vers des pratiques éco-responsables. Par exemple, il existe le label MSC qui est un gage de pêche écologique respectueuse et raisonnable. De plus, concernant tous les produits de la mer, pensez à choisir les produitDauphins d'Hector à Kaikouras « Dolphin Friendly« , très répandus en NZ.

Ne pas participer au tourisme des dauphins. Les bateaux utilisent des instruments tels que des sonars pour repérer les mammifères marins et vous y amener. Les animaux marins sont suffisamment évolués pour prendre la décision de vous rendre visite. Prenez un kayak, scrutez la mer ou allez nager pour les voir, vous aurez ainsi la certitude que le désir de rencontre est partagé.

Enfin, soutenez les causes d’organisations telles que la WWF ou Sea Shepherd qui militent pour la mise en place de filets avec trappes d’évacuation et pour la création de sanctuaires marins protégés partout dans le monde.

Voir des dauphins est chose aisée en Nouvelle-Zélande, mais il y a certaines manières de le faire sans participer à l’extinction de leur espèce. Respecter ces quelques règles rendra le voyage plus en phase avec l’environnement sans pour autant vous gâcher le plaisir… Puis qui sait, peut être que vos enfants voudront eux aussi allez voir les mammifères marins en NZ, il serait bête d’avoir contribué à leur disparition !

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