Broken Window Effect : De la psychologie à l’écologie

Après presque 4 mois passés sur l’île du sud, nous avons pu voir une quantité non négligeable de paysages, coins perdus et autres lieux plus touristiques. Et si certains sont immaculés, laissant la nature à elle même sans traces du passage des visiteurs et randonneurs, d’autres accumulent les déchets. Au pays de l’écologie, où la démographie permet de se trouver encore au milieu de nulle part, cela fait un peu tâche. Comment agir dans le bon sens à son échelle, et aider à la résolution de ce problème ? Et si la réponse à cette question était psychologique et répondait au doux nom de « broken window effect » ?


Qu’est ce que le  » Broken window effect  » ?

Le broken window effect ou effet de la vitre brisée – en français – est une analogie statistique et psychologique mise en évidence par James Q. Wilson et George L. Kelling dans un article paru en 1982 dans une revue grand public. Cette relation de cause à effet s’appuie sur le fait qu’une vitre cassée sur un bâtiment entrainera le bris des autres vitres par un effet d’accumulation. Et plus le bâtiment sera délabré, plus il sera vandalisé. Ce paradigme peut être transposé à l’écologie d’une manière similaire.

En effet, un endroit propre, où aucun déchet ne vient joncher le sol aura une tendance à la rester plus longtemps, un passant aura plus de scrupules à « être le premier » à polluer les alentours. D’un autre côté, un lieu dans lequel il y a déjà des déchets sera perçu comme un endroit non digne d’intérêt et où il est « moins grave » d’y aller de sa propre contribution. Ainsi, un endroit pollué aura tendance à l’être de plus en plus, et cela se vérifie car des plages se retrouvent complètement jonchées de détritus quand d’autres qu se situent à quelques centaines de mètres sont complètement propres.

Comment rompre le cercle vicieux ?

Notez que nulle action n’est vaine. S’il est impossible de ramasser tous les déchets que la terre porte, il est quand même possible d’enrayer ce processus. Pour notre part, nous nous obligeons à ramasser les déchets qui nous entourent lorsque nous campons dans un endroit naturel. Si cela n’est pas très « glamour », ça permet tout de même de rendre l’endroit visuellement plus propre et donc d’éviter que ce dernier ne se transforme en décharge publique.

Il s’agit des fois que de très peu de déchets, mais cela peut suffire à déclencher le processus de la vitre bisée, et l’endroit se polluera de façon exponentielle. Plus que de vouloir nettoyer tous les déchets pour rendre leur propreté naturelle à tous les spots, nous pensons qu’une petite action comme ça peut ralentir la cadence à laquelle un lieu sera pollué.


Vouloir à tout prix se lancer dans la dépollution est un souhait impossible à réaliser, à moins d’être un nombre conséquent au même endroit et avec la même motivation. Mais rien n’empêche de prendre une vingtaine de minutes pour ramasser le plastique autour de soi, et trancher avec l’image que certains locaux peuvent se faire des campeurs (à juste titre parfois, hélas). Soyez de ceux qui laissent le chemin propre derrière eux. Le but n’étant pas de ne laisser aucune trace de son passage, le but étant d’en laisser une positive. A bon entendeur !

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